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Savoir différencier entre taquinerie et intimidation

La taquinerie est pratique courante chez l’enfant – au primaire, 96 % des élèves affirment que la taquinerie fait partie de leur vie.

La taquinerie positive

Les enfants aiment taquiner parce que c’est une façon amusante de provoquer l’autre et de se faire taquiner à leur tour. Ces plaisanteries permettent de solidifier leurs liens en exprimant une certaine intimité et de l’affection pour l’autre. La taquinerie sert aussi à enseigner aux enfants les comportements qui sont appropriés ou non, en société. Par exemple, taquiner un copain qui a l’habitude de parler en mangeant ou «la bouche pleine» est une manière de lui dire – sans le confronter directement – qu’il manque de politesse et que son comportement est socialement inacceptable. De plus, la taquinerie est un moyen indirect et non menaçant (et parfois même amusant) de résoudre des conflits en servant d’exutoire à la frustration ou à la désapprobation.

La taquinerie est positive quand :

  • Elle a lieu entre deux personnes ayant un lien solide et pour qui la taquinerie est un jeu affectueux.
  • La personne qui taquine le fait avec le sourire et d’un air joyeux (et non avec agressivité).
  • La personne qui se fait taquiner ne semble pas en souffrir.

À quel moment la taquinerie devient-elle intimidation ?

S’il est vrai que la taquinerie peut solidifier les liens, elle peut également servir à aliéner l’autre, à le critiquer ou l’embarrasser et ainsi fragiliser la relation. Lorsqu’une personne se sent offusquée par une taquinerie qui se veut affectueuse, il arrive que cette manifestation positive dérape et devienne hostile. Par exemple, les plaisanteries sur l’apparence physique d’une personne sont presque toujours blessantes et hostiles. Comment s’en étonner quand l’image corporelle a une telle influence sur l’acceptation sociale et demeure hors de notre contrôle personnel.

La taquinerie devient intimidation lorsque:

  • Des propos taquins et affectueux dérapent en propos hostiles.
  • Le rapport de force est inégal : celui qui taquine détient plus de pouvoir auprès de ses pairs que l’enfant qui se fait taquiner.
  • Les taquineries se font répétitives.
  • L’enfant qui taquine cherche à blesser l’autre ou à l’offusquer.
  • L’enfant qui se fait taquiner est blessé ou affligé par ces propos. N’oubliez pas que les enfants, en particulier les garçons, cachent souvent leurs émotions. Si vous n’êtes pas certain de l’impact de cette taquinerie, prenez à part l’enfant qui se fait taquiner et demandez-lui comment il se sent, dans cette situation.

 

Ce que l’adulte ou l’éducateur peut faire quand la taquinerie devient intimidation

INTERVENEZ !

Affirmez que l’intimidation est inacceptable et ne sera pas tolérée, chaque fois que vous en êtes témoin

  • Discutez avec l’enfant qui taquine l’autre, demandez-lui pourquoi il agit ainsi et à partir de cette information, trouvez ensemble d’autres façons de communiquer avec ses pairs. Parfois, l’enfant ignore comment entrer en contact avec les autres; il se tourne vers la taquinerie ou l’intimidation pour attirer leur attention et créer le contact. Est-ce que l’enfant sait entrer en communication avec les autres ou utilise-t-il la taquinerie et l’intimidation pour attirer l’attention ou pour établir des liens avec ses pairs ? Il a  peut-être appris à utiliser son pouvoir pour blesser l’autre en observant les dynamiques familiales ? Si c’est le cas, il est important de lui faire comprendre que ces comportements ne seront pas tolérés au sein de votre groupe et qu’il devra s’ajuster.

  • Discutez avec l’enfant qui s’est fait taquiner et voyez comment il se sent. Dites-lui qu’il mérite d’être traité avec respect. Si l’enfant a du mal à s’affirmer, parlez-en avec lui et aidez-le à s’affirmer en répétant des phrases où il demande à l’autre de cesser de le taquiner ou de l’intimider. Surtout, dites-lui bien que si l’intimidateur continue à l’agresser ou à le taquiner, il doit absolument dénoncer cette situation auprès d’un adulte de confiance ou en parler à des pairs qui sauront le soutenir.

  • SUIVEZ VOTRE INSTINCT ! Si vous avez le sentiment que la taquinerie est négative et fait du tort à quelqu’un au sein du groupe (ou même vous blesse à titre de témoin), alors plongez et cherchez à en savoir davantage !

Prenez conscience de vos propres comportements

  • Prenez conscience de votre façon de taquiner. Si vous taquinez les enfants, assurez-vous que vos plaisanteries sont reçues de manière positive.
  • N’oubliez pas que les jeunes enfants ne saisissent pas toujours la taquinerie et surtout le sarcasme. Ces propos peuvent les blesser.
  • Songez à votre expérience personnelle en matière d’intimidation, rappelez-vous ces incidents et vos émotions. Voyez si ces expériences ont des répercussions sur votre façon de réagir aujourd’hui face à l’intimidation.

Dans la classe, comment prévenir et empêcher la taquinerie de devenir de l’intimidation

  • Discutez en classe d’intimidation et de respect envers les autres.
  • Dressez une liste de règlements pour bien démontrer ce que signifie traiter l’autre avec respect (par exemple : respecter l’espace physique d’une personne, encourager un camarade de classe qui tente une nouvelle expérience, écouter quand les gens parlent).
  • Discutez en classe de réparation ou de la façon de rétablir les liens après un manque de respect entre deux personnes. Par exemple, comment faire des excuses (les offrir et les recevoir) et comment se comporter ensuite de manière respectueuse, pour montrer à la personne blessée qu’on a appris de nos erreurs.

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